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 La Trilogie Ogotienne

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Gorby le Manuel Vivant
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MessageSujet: La Trilogie Ogotienne   Lun 12 Oct - 15:47

Chapitre 1


Le vent soufflait sur la plaine ogotienne. Delidia retournait la terre, comme tous les jours depuis une demi-lune. La saison des labours avait commencé un peu plus tôt que les autres années et Delidia et son mari Saukor avaient été surpris lorsque certains voisins commençaient déjà leurs travaux. Saukor avait alors décidé de les imiter, de peur que, lorsqu’il se présenterait au marché, tous les habitants auraient déjà tout ce dont ils avaient besoin. Pour rattraper leur retard, ils devaient travailler même de nuit. Delidia considéra l’avancée de la journée : le soir approchait. Il approchait trop rapidement au goût de la paysanne.
Un bruit l’arracha soudain de sa réflexion. Deux hommes s’approchaient d’elle d’une démarche pressée. L’un d’eux était chauve et borgne et il tenait à la main une longue épée. L’autre arborait une barbe mal entretenue et tenait une lourde hache de son seul bras. Delidia jura. Depuis la fin de la guerre, de nombreux soldats désœuvrés s’étaient reconvertis dans le grand banditisme. Habituellement, Delidia les voyait de loin et avait le temps de sauter sur un hippon avant de s’enfuir, mais cette fois, elle avait été surprise. Elle n’avait plus le temps et elle le savait. Elle avait d’ailleurs eu le tort de laisser ses hippons s’éloigner. Elle ramassa ses outils et se prépara à défendre chèrement sa vie. Elle connaissait les méthodes de ces brigands. Ils la tueraient, puis fouilleraient son cadavre à la recherche de quelque fortune. La vieille femme souriait à l’idée de la déception qu’ils connaîtraient en découvrant qu’elle n’avait rien de précieux sur elle. Ils se rabattraient alors sûrement sur les hippons, qu’ils vendraient au marché.
Delidia remarqua alors un troisième homme qui venait également vers elle, mais d’une autre direction. Elle fut frappée par sa chevelure rousse flamboyante, chose plutôt rare en Ogotie. Elle se dit qu’il devait être aldorien. D’après ce qu’on lui avait dit, de nombreux aldoriens étaient roux. Elle consacra à nouveau son attention sur les deux brigands. Le chauve était à deux pas d’elle et porta un coup d’épée qu’elle bloqua de sa houe. Le manchot était bien emprunté. Son seul bras se trouvait du côté de son compagnon, ce qui était une erreur tactique dans le cas où ils tomberaient sur une opposition, comme c’était le cas. Le chauve jura et insulta son compagnon, qui n’avait pu immédiatement enfoncer sa hache dans le flanc de la vieille paysanne. Soudain, ils remarquèrent le rouquin.
Celui-ci dégaina une épée et s’approcha, l’air sûr de lui. Le chauve le considéra d’un air méprisant, eut un rictus repoussant et se jeta sur le nouvel arrivant. Le rouquin bloqua son coup d’épée avec une aisance déconcertante. Puis, avec une vivacité stupéfiante, il frappa à son tour, enfonçant son épée à travers la gorge. Le chauve poussa un immonde gargouillis avant de s’écrouler, sans vie. Son compère regarda la scène avec épouvante, lâcha sa hache et s’enfuit sans demander son reste. Le rouquin essuya son épée dans l’herbe et la rengaina avant de se tourner vers Delidia. La vieille femme se précipita sur lui :

- Oh, messire ! Comment puis-je vous remercier ?
- J’ai faim, se contenta de répondre l’homme en lui jetant à peine un regard.
- Oh, bien sûr, messire. Si vous voulez bien me suivre.

Delidia alla chercher ses hippons, chargea ses outils dans une carriole et se mit en marche, l’homme lui emboîtant le pas. Delidia avait pris la peine de l’observer. Il n’était pas très grand, en tout cas moins grand que son mari. Il avait des yeux verts et un visage harmonieux. En fait, il était plutôt beau gosse, si on exceptait la froideur de son regard et cette cicatrice violette qui lui barrait la joue gauche et qui semblait avoir été mal soignée. Après quelques pas en silence, elle se risqua à faire connaissance avec son mystérieux et inquiétant sauver.

- Vous n’avez pas d’hippon ?
- Je préfère marcher, répondit l’homme laconiquement en fixant les grands animaux que les hommes du continent utilisaient généralement comme monture.
- Est-ce que vous avez un nom ?
- Leo. Je m’appelle Leo, répliqua l’homme avec un sourire de fierté.
- Vous êtes aldorien, n’est-ce pas ?
- C’est possible. Cela pose-t-il problème ?
- Non, messire. Bien sûr que non.
- J’ai entendu dire que les Aldoriens n’étaient pas toujours les bienvenus en Ogotie.
- Oh, ça remonte à plusieurs siècles, ces histoires. Je ne sais même plus pour quoi. Une histoire de guerre, je crois. Mais ça date. Et puis, aujourd’hui, le royaume d’Ogotie n’existe plus.

Leo arrêta son pas.

- Ah bon ? Que s’est-il passé ?
- Messire, vous n’êtes pas au courant ? Le roi Eloath est mort à la guerre contre l’Astora.
- J’ai vu beaucoup de mouvement de troupes astorannes en Aldor. Elles se rendaient donc en Ogotie pour la conquérir.
- C’est cela. Les troupes astorannes ont pris la capitale en quelques jours. Aujourd’hui, l’Ogotie est une province de l’Empire astoran.
- Toute la Terre de Cyon appartient désormais à l’Empire astoran.
- Oh non, messire. La Votarnie est encore libre. La majorité des nobles du pays se sont enfuis là-bas. Il ne reste presque que des paysans en Ogotie. Et tous ces brigands, bien sûr.
- Qui dirige ce pays, dans ce cas ?
- Oh, il y a bien le seigneur Ecrate qui s’est installé dans le palais d’Eloath à Ysdor, mais il n’a aucun contrôle sur le territoire. C’est l’anarchie partout.

Ils reprirent leur marche d’un pas lent, l’hippon qui tirait la petite carriole commençant à fatiguer.

- Si je peux me permettre, où allez-vous ? reprit Delidia.
- Nulle part et partout. Je n’ai pas de destination particulière. Quelle est la ville la plus proche ?

Elle pointa son doigt vers le nord

- Là où nous vendons nos produits au marché, à Onuldan, à une dizaine de lieues dans cette direction.
- Onuldan ? répondit Leo en ricanant. Je vois. Je suppose que je ne vais pas y échapper.
- A quoi, messire ?
- Rien qui ne vous concerne, rétorqua-t-il sèchement.

***


La maison de Delidia était une ferme comme Leo en avait vu souvent. Elle était construite toute en bois avec juste une porte et une fenêtre. L’intérieur sentait mauvais, signe que, comme de nombreux paysans, Delidia n’avait pas de latrines séparées, se dit Leo.
La vieille femme s’attela à la cuisine pendant que Leo s’assit en silence. Elle lui servit une soupe de légumes et un pichet d’un de ces mauvais vins ogotiens qu’on trouvait sur tous les marchés. Il se mit à manger en silence et se servit un verre de vin, histoire de ne pas rester le gosier sec. Soudain, un homme entra.
- Delidia ?
- Saukor, enfin te voilà.

Saukor s’approcha précipitamment de sa femme sans quitter Leo des yeux.

- Qui est cet homme ?
- Il s’appelle Leo. Il m’a sauvée de deux brigands.

Il s’approcha de Leo.

- Qu’est-ce que vous voulez ?
- Je veux juste manger tranquillement, l’ami. Dès que j’ai fini, je repartirai pour Onuldan. Ca ne te dérange pas, l’ami ?
- Qui me dit que vous ne voulez pas nous dépouiller ?
- Si c’était le cas, tu serais déjà mort, l’ami.

Saukor déglutit péniblement, puis il s’assit en face de Leo, la main sur une hache, prêt à la moindre action dangereuse de cet inconnu. Lorsque Leo eut fini sa soupe, il se leva et se dirigea vers la porte. Il jeta un dernier regard au couple de paysans.

- Mes compliments, madame. Votre soupe valait le détour. Toi, l’ami, tu aurais pu au moins me remercier de l'avoir sauvée. Alors, prends soin d’elle. Et n’oubliez pas mon nom : je m’appelle Leo.

Puis, il quitta la ferme et s’éloigna dans l’obscurité alors que le soleil se couchait.

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